Fuck America #2

30 août 2016

Un beau jour, la guerre était finie. Les Bronsky sortirent de leur cave en titubant. C’était le printemps.
Grünspan : – Votre histoire commence à m’intéresser. Continuez.
Jakob Bronsky : – Lorsque les Bronsky virent le soleil pour la première fois depuis des années, le vieux Bronsky voulut pleurer, mais il ne put. Sa femme aussi voulut pleurer. Et Jakob aussi. Rien n’y fit.  » Donne-moi ton miroir » dit Nathan Bronsky. Pendant un bon moment, Nathan Bronsky se regarda dans la glace, puis il passa le miroir à sa femme, et à Jakob aussi.  » Nos yeux ont changé  » dit sa femme ,  » Exact » dit Nathan Bronsky ,  » Ils n’ont plus d’éclat. Je crois que nous avons perdu notre âme dans la cave ». Ils retournèrent dans la cave pour chercher leurs âmes, mais ne purent les trouver… Ils demandèrent alors au rabbin :
« Où est passé l’éclat de nos yeux ?  »
 » il est là-haut » dit le rabbin, et il montra le ciel  » il a été emporté… par les 6 millions « …

Fuck America #1

25 mai 2016

Jakob Bronsky qui a fui l’Allemagne nazie, après plusieurs exils en Israël et en France, s’installe aux Etats-Unis, sans le sou, condamné à survivre en effectuant des petits boulots pour pouvoir écrire un roman qui parlera de la violence et de la barbarie.

G. : Vous avez écrit, Monsieur Bronsky ?
B. : Oui, Monsieur Grünspan.
G. : Monsieur Selig m’a dit que vous écrivez un roman.
B. : Très juste, Monsieur Grünspan.
G. : Il a parlé d’un trou. D’un trou dans votre mémoire. Vous comblez ce trou, c’est bien ça ?
B. : Oui, c’est ça.
G. : C’est vous le héros du livre ?
B. : ça se pourrait, mais j’écris à la troisième personne.
G. : Donc le héros est un homme. Quel genre d’homme ?
B. : Un héros solitaire.
G. : Un branleur ?
B. : Qu’est-ce que vous voulez dire ? Mon livre n’a rien à voir avec la branlette. C’est un livre grave.
G. : Si c’est un homme solitaire, c’est un branleur. Appelez votre livre : Le Branleur !

Extrait de Fuck America d’Edgar Hilsenrath, éditions Le Tripode (paru en 2009 sous la marque Attila) traduit par Jörg Stickan
Fuck America, prochaine création du Théâtre du Rictus (2017 / 2018)

Artistes en court – Laurent Maindon et le théâtre du Rictus

30 mars 2016

 

C’est à Longyearbyen près du Pôle Nord que le metteur en scène nantais Laurent Maindon doit emmener ses spectateurs afin qu’ils assistent aux questionnements d’une famille mi-humaine mi-ourse sur la société contemporaine. Artistes en Court est une série documentaire qui livre l’intimité de travail des créateurs actuels. Ils vivent l’art au quotidien et exposent leur vision particulière sur le monde contemporain. Ils partagent tous ce même besoin, ce même désir passionné qui les pousse à créer, et qui les rassemblent aujourd’hui dans cette même collection.

Réalisation : Dorothée Lorang & David Beautru
Production : Mitiki, GIE Grand Ouest Régie Télévisions et LMTV
Avec le soutien du Centre National de la Cinématographie et de la Région Pays de la Loire.

2015 / HD / 16:9 / 10 x 6’30min

William Pellier, Onyx

30 septembre 2015

Premières représentations à ONYX (Saint-Herblain – 44) pour la dernière création du Théâtre du Rictus, La Ville de l’Année Longue de William Pellier.
Du 29 septembre au 2 octobre à 20 h 30

L’histoire, signée d’un auteur contemporain hors pistes académiques et mondaines, semble toute aussi hors norme avec, rassemblés sur une banquise du Grand nord, deux banquiers en cavale, un prix Nobel, une grand-mère nostalgique d’Hitler… Et un ours. « Il est une sorte de conscience politique, tout en étant réfugié climatique et banquier. Il porte un regard lucide sur le monde. »
Il y a encore une fille neurasthénique, « la Macha des trois soeurs ». Et beaucoup de Tchekhov, dans toute la pièce. Avec des amis surgis de nulle part et « l’imminence de la chute d’une civilisation ». Mais le tout, traité avec un humour à la Monty Phyton.
Une page se tourne sur la trilogie précédente avec cette pièce. Mais l’équipe de comédiens ne change pas. Une famille, quasiment la même depuis 2008, constituée de Nicolas Sansier, Yann Josso, Ludivine Anberrée, Christophe Gravouil… « On capitalise ce qu’on a fait avant. On maintient une émulation et une exigence, tout en luttant contre nos académismes et en nous renouvelant. »

Véronique ESCOLANO – Ouest France – 24 septembre 2015 [article complet]

Après six années consacrées au théatre de Sylvain Levey, Laurent maindon tourne une page avec La ville de l’année longue de William Pellier. Du théâtre contemporain toujours et encore, prix d’écriture théâtrale de Guérande 2013. « J’ai tout aimé. On est dans l’univers d’un vaudeville philosophique ». Philosophique, cynique et plutôt drôle et « Aussi déroutante qu’En attendant Godot ». Sont en effet rassemblés sur une banquise du grand Nord, deux banquiers en cavale, un prix Nobel, une grand-mère nostalgique d’Hitler et un ours…
Ouest France – 29 septembre 2015

Vous voyez les Viennetta, ces desserts glacés feuilletés avec plein de couches. Ben, sur fond de grand Nord, avec son ours, ses banquiers en cavale, son Nobel chasseur de rennes… La ville de l’année longue, nouvelle création du Théâtre du Rictus, serait un peu ça. Dense et multicouches : une couche sociale, une couche dramatique, une couche philosophique, une couche de théâtre dans le théâtre… Et la promesse de quelques belles tranches de rire. Tant dans un combat au fleuret, une tribune sarkostique… Il y a aussi une bonne couche de bavardages dont on décroche. Mais c’est aussi le lot du propos, passant du coq à l’ours et qui dénonce le trop plein de langage qui se consume, parfois, dans un grand brasier de langue de bois.
Véronique ESCOLANO – Ouest France – 01 octobre 2015 [article complet]

Une vidéo sur le compte dailymotion de la Ville de St-Herblain est visible ici >>
ITW Ville de l’Année Longue de William Pellier

Une vidéo de Vincent Calcagni, journaliste à France 3 – Pays de la Loire >>
Répétitions à Onyx, la Ville de l’Année Longue, William Pellier

Résidence Onyx – La Ville de l’année longue

25 juin 2015

LA VILLE DE L’ANNÉE LONGUE - RÉSIDENCE ONYX
LA VILLE DE L’ANNÉE LONGUE - RÉSIDENCE ONYX
LA VILLE DE L’ANNÉE LONGUE - RÉSIDENCE ONYX
LA VILLE DE L’ANNÉE LONGUE - RÉSIDENCE ONYX
LA VILLE DE L’ANNÉE LONGUE - RÉSIDENCE ONYX

La Ville de l’année longue de William Pellier
C’est l’histoire d’une famille qui habite une ville du cercle polaire et ils ont un ami qui est docteur. Jusque-là tout va bien. En fait, ce n’est pas vraiment une famille, on s’aperçoit que la femme est mariée avec un ours qui travaille dans une banque. Pourquoi pas. Dans cette histoire, on croise aussi deux ex-banquiers français très connus, un Prix Nobel d’économie, une grand-mère férue d’Hitler, un enfant, mais lui n’a pas une ligne de texte à dire. Au départ on dirait du Tchekhov, puis après… du Botho Strauss, parfois même on pense à Pirandello. Mais tout compte fait, on pourrait dire que c’est du Lynch co-écrit avec les Monthy Python… Mais au final, ça parle de quoi ? «Des bruits du monde qui parviennent jusque dans cette isba, de la crise économique, de la crise tout court. C’est comme si on avait affaire aux survivants d’un conflit international qui tentaient de trouver une issue à leur situation. il règne dans ce microcosme une ambiance débridée, un joyeux désordre ritualisé ». Un grand texte de théâtre contemporain.

>> Voir le dossier de création