Des news de GUERRE dans Théâtre(s) n°8

23 décembre 2016

Théâtre(s) N°8 - Article sur Guerre

Guerre : Le sort des migrants mis en débat !

[…] Séparation, violence, déracinement, peur, toutes les angoisses du migrant, du fuyard sont ici partagées par l’auteur sans mièvrerie ni condescendance… […]
A retrouver intégralement page 48 sous le titre : Guerre : Le sort des migrants mis en débat !

Rictus dernières #12

05 décembre 2016

Rictus Dernières #12

Tryptique Exil & Migration

Le monde bouge sans cesse autour de nous, secoue les rares certitudes qui prévalent, bouscule nos visions de l’avenir, bref nous interroge constamment sur le sens de la vie. Le Théâtre du Rictus qui enracine ses créations dans les mouvements et soubresauts de notre société a décidé d’aborder des questions que soulèvent depuis longtemps dans notre monde occidental, l’exil et la migration.
En prenant un peu de recul, en ne cherchant ni à faire la leçon ni à regarder ailleurs, mais plutôt en favorisant une approche poétique du politique. Au cours des années à venir 3 créations verront le jour proposant des angles différents de réflexion autour de ces sujets.

La première création aura lieu en mars 2017, elle s’intitule Guerre. Il s’agit d’une adaptation d’après un texte de Janne Teller écrit en 2005. Cette dernière aborde la question de la migration en proposant une vision inversée de l’actualité, en s’adressant à un jeune français contraint de s’exiler dans un pays dont il ne connaît ni la culture ni la langue. Nous avons décidé de faire de ce récit/témoignage imaginaire une aventure théâtrale portée par deux comédiennes et un technicien/créateur son. Nous inviterons les spectateurs à une immersion sensorielle. La première aura lieu au Festival Petits et Grands fin mars 2017.

Le deuxième volet de notre triptyque sera présenté au Festival Off d’Avignon en juillet 2017 , il s’agit de l’adaptation du roman Fuck America d’Edgar Hilsenrath. Ce texte parle des péripéties d’un exilé juif allemand à New York dans les années 50, personnage qui fera tout pour parvenir à écrire un roman sur les affres subis au cours de la shoah à laquelle il a survécu. Aux prises avec la réalité d’un monde dans lequel il parvient difficilement à s’intégrer, il se confronte à son rêve américain, entre petits boulots repli communautaire et déboires sexuels. Récit truculent et insolent qui ne laisse pas indifférent.

Enfin la troisième création fait l’objet d’une commande d’écriture passée à deux auteures, l’une franco-turque : Sedef Ecer, l’autre franco-yougoslave : Sonia Ristic. Ces Chroniques évoqueront la manière dont la Grande histoire percute l’intime. Cette création sera présentée au cours de l’année 2019. Ces deux auteures ont consacré, et continuent de le faire, une grande partie de leur oeuvre à interro­ger les questions liées à l’exil et la migration.

On parle de Guerre

16 novembre 2016

[…]
Saisi par la puissance évocatrice de ce texte, Laurent Maindon, le directeur artistique du Théâtre du Rictus, l’adaptera pour la scène au printemps prochain, dans un premier temps dans sa région des Pays de la Loire. Guerre sera le premier volet d’un triptyque, le second s’adressant aux adultes, d’abord avec Fuck America (d’Edgar Hilsenrath), puis sous la plume de Sedef Ecer (autrice notamment de Vas jusqu’où tu pourras) et Sonia Ristic, (qui évoque notamment son enfance pendant la guerre en ex-Yougoslavie dans Orages, ainsi que de Migrants).
Laurent Maindon vient de leur passer une commande d’écriture. « Rassemblés sous une tente, sans éclairage ni chaise pour s’asseoir, ils écouteront des voix qu’ils ne connaissent pas leur raconter leur propre périple imaginaire de migrant », explique le metteur en scène qui entend ainsi ouvrir le débat. Toutes les représentations seront suivies d’un échange avec le public.
Une belle manière d’interroger les angoisses des jeunes sur ce thème sensible des migrations politiques et économiques.
[…]

Cyrille PLANSON

Fuck America #2

30 août 2016

Un beau jour, la guerre était finie. Les Bronsky sortirent de leur cave en titubant. C’était le printemps.
Grünspan : – Votre histoire commence à m’intéresser. Continuez.
Jakob Bronsky : – Lorsque les Bronsky virent le soleil pour la première fois depuis des années, le vieux Bronsky voulut pleurer, mais il ne put. Sa femme aussi voulut pleurer. Et Jakob aussi. Rien n’y fit.  » Donne-moi ton miroir » dit Nathan Bronsky. Pendant un bon moment, Nathan Bronsky se regarda dans la glace, puis il passa le miroir à sa femme, et à Jakob aussi.  » Nos yeux ont changé  » dit sa femme ,  » Exact » dit Nathan Bronsky ,  » Ils n’ont plus d’éclat. Je crois que nous avons perdu notre âme dans la cave ». Ils retournèrent dans la cave pour chercher leurs âmes, mais ne purent les trouver… Ils demandèrent alors au rabbin :
« Où est passé l’éclat de nos yeux ?  »
 » il est là-haut » dit le rabbin, et il montra le ciel  » il a été emporté… par les 6 millions « …

Fuck America #1

25 mai 2016

Jakob Bronsky qui a fui l’Allemagne nazie, après plusieurs exils en Israël et en France, s’installe aux Etats-Unis, sans le sou, condamné à survivre en effectuant des petits boulots pour pouvoir écrire un roman qui parlera de la violence et de la barbarie.

G. : Vous avez écrit, Monsieur Bronsky ?
B. : Oui, Monsieur Grünspan.
G. : Monsieur Selig m’a dit que vous écrivez un roman.
B. : Très juste, Monsieur Grünspan.
G. : Il a parlé d’un trou. D’un trou dans votre mémoire. Vous comblez ce trou, c’est bien ça ?
B. : Oui, c’est ça.
G. : C’est vous le héros du livre ?
B. : ça se pourrait, mais j’écris à la troisième personne.
G. : Donc le héros est un homme. Quel genre d’homme ?
B. : Un héros solitaire.
G. : Un branleur ?
B. : Qu’est-ce que vous voulez dire ? Mon livre n’a rien à voir avec la branlette. C’est un livre grave.
G. : Si c’est un homme solitaire, c’est un branleur. Appelez votre livre : Le Branleur !

Extrait de Fuck America d’Edgar Hilsenrath, éditions Le Tripode (paru en 2009 sous la marque Attila) traduit par Jörg Stickan
Fuck America, prochaine création du Théâtre du Rictus (2017 / 2018)