Mundo Mantra – un projet Biche Prod

08 avril 2015

 

Mundo Mantra – Focus sur un projet de Guillaume Bariou

D’après le livre Mantra de Rodrigo Fresan, traduction Isabelle Gugnon, Ed. du Seuil // Création en décembre 2015

L’Etranger est au seuil de la mort. Il est atteint d’une tumeur au cerveau étrange qui lui re-formate ses souvenirs. Sa mémoire se focalise sur ses consultations avec le docteur Marcos-Matus, enregistrées sur une cassette, sur une femme française qu’il a aimé, Maria-Marie, et surtout sur sa rencontre avec un camarade de classe singulier : Martin Mantra.
Ce dernier, génie maudit, fils de stars mexicaines de soap-opera, seul héritier de l’empire Mantra, jeune réalisateur du « film total » Mundo Mantra et mascotte d’un hypothétique groupe de lutteurs masqués, devient le citoyen d’honneur du cerveau « mexicanisé » de l’Etranger. Et de fait, celui de l’espace scénique.
Nous suivons les rêves éveillés d’un homme en phase terminale, un homme à la recherche d’une femme, l’histoire de ses vagabondages mentaux dans une ville de Mexico fantasmée. Nous décollons avec lui vers cette ville baroque, en l’observant réaliser sous nos yeux le « Final Cut » du film de sa vie. Nul doute que l’atterrissage aura lieu le jour de la fête des morts.

Martin Mantra ressemble un peu au personnage principal de la fresque de Diego Rivera intitulée El hombre, controlador del universo (« L’homme, contrôleur de l’univers »), seconde version de celle que le jeune magnat Nelson Rockfeller avait détruite. De ses mains jaillissent des coups de tonnerre, des éclairs, des bacilles, des galaxies, des conflagrations astrales, l’apocalypse de mondes et la genèse d’univers. Je me contenterais d’apparaître autour de sa silhouette tel un satellite en orbite résigné et inamovible et, si possible, si ce n’est pas trop gênant, avec un masque de catcheur.

NOTE D’INTENTION
Mon projet n’est pas de construire une adaptation scrupuleusement fidèle au texte de Rodrigo Fresan. L’enjeu n’est pas de « résumer » Mantra, mais de rendre sa force, son mouvement, sa profusion. L’objectif est de partir d’un personnage central, le narrateur, et de considérer que le cerveau de cet homme, ses errances et son délire, peut constituer l’unité de temps et d’espace de la pièce, afin de pouvoir créer une oeuvre scénique singulière. Ce narrateur, manipulé par sa tumeur, et la plupart des autres personnages de la pièce ne sont pas vraiment les acteurs décisionnels d’une histoire, mais avant tout des porteurs d’histoires, qu’ils content à un interlocuteur.Le plateau sera, tout comme le livre, peuplé de fantômes et de morts. Autant de spectres qui vont agiter notre homme sur le plateau. Autant de présences et de manifestations qui vont l’entourer, au fur et à mesure que son cerveau les rappelle. Et ces fantômes, ces spectres, semblent plus vivants que les vivants. Dans leur langage : où se trouve la réalité? Où s’arrête la fiction ? Les deux sont totalement inséparables, comme dans l’écriture de Rodrigo Fresan. Il me semble tout indiqué de s’emparer de cette langue fictionnelle et créative via le théâtre et la musique et de relater cette façon dont les morts regardent les vivants.
La pièce est aussi une ode à l’enfance, à cet âge des possibles et de l’ouverture au monde. Ce passage fuyant où l’on n’a pas encore peur du futur, car nous sentons intimement qu’il nous appartient toujours. La pièce traite aussi et surtout de la mémoire. Elle explore les mécanismes qui permettent à chaque mot de définir un moment, un souvenir, un endroit. Nous ne laissons pas le passé derrière nous, nous conservons tout de manière codée. Toute chose (une ville, une femme, un pays, une vie) peut être reconstituée (ou construite) avec des mots.
G. Bariou

Mise en scène : Guillaume Bariou d’après le livre Mantra, de Rodrigo Fresan. Traduction : Isabelle Gugnon, Éditions du Seuil. Avec : Christophe Gravouil, Rachel Langlais, Marilyn Leray, Nicolas Sansier et Clément Vinette. Création lumière : Erwan Tassel. Régie Son : Jérémie Morizeau. Scénographie : Arnaud Verley et Philémon Varnolé (Société Volatile). Diffusion : Plus Plus Production.

Canons, un texte de Patrick Bouvet, un projet Naparo Prod

 

Focus sur un projet : CANONS

Jeudi 9 avril à 20h30 à l’espace culturel le Vallon (Mauves-sur-Loire), spectacle Canons dans le cadre de Jeunes en Scène, interprété par les 3 comédiennes de Naparo Prod.

Texte de Patrick Bouvet publié aux éditions de l’Olivier
De Delphy Murzeau, Julia Gómez, Ludivine Anberrée
Vidéo et lumière / Emmanuel Larue
Son Guillaume Bariou

Rhapsodies par Télé Figeac

 

Article et vidéo par Télé Figeac

Secret’s double
La télé réalité vue par Sylvain Levey. Dans une mise en scène qui fait intervenir l’écran comme un acteur à part entière, les mécanismes de la scénarisation en quête d’audimat sont décortiqués.
Pourtant comme le précise l’auteur, le spectateur est entièrement libre.
Un recette qui semble continuer à fonctionner puisque les chaines n’hésitent pas à dépasser les limites et les annonceurs dépensent environ 3,9 millions d’euros par épisode pour s’afficher (source lexpress.fr). C’est donc face à un public consentant, que les « temps de cerveaux disponibles » sont monnayés.
Pour les autres, il reste le théâtre et les prochaines créations de Sylvain Levey, peut-être à Figeac !

Voeux 2015

26 janvier 2015

Rictus dernière #10

05 décembre 2014

La newsletter du Théâtre du Rictus
L’année 2014 s’achève dans le murmure des luttes du printemps et de l’été dernier. Le gouvernement Valls a nommé en juin dans l’urgence une commission chargée de réfléchir au maintien du régime d’assurance chômage pour les intermittents du spectacle, et ce dans le cadre d’un simulacre de négociation sur le fonctionnement de l’UNEDIC. Depuis il semble difficile de savoir quelle en sera l’issue. Entre temps, les coupes sombres dans les budgets des collectivités territoriales impactent directement les organismes en charge de la diffusion de spectacles qui n’ont d’autres moyens pour équilibrer leur budget en chute libre que de couper dans leur programmation, précarisant par effets de rebonds les compagnies et les groupes, donc les artistes et techniciens du spectacle. Tout cela se fait au détriment de politiques de territoire menées de longue date et dont on sait qu’associées à d’autres actions éducatives sur le terrain, elles maintiennent un semblant de paix sociale. En diminuant les programmations ou en en augmentant le coût d’accès aux spectacles, on asphyxie progressivement une culture déjà bien mal en point. C’est une sauvegarde supplémentaire de la tolérance et de l’ouverture d’esprit qui saute et un barrage à l’ignorance qui cède. C’est un pari politique risqué quand on sait la défiance envers nos élus qui se manifestent de plus en plus dans les urnes. Plus que jamais il convient de serrer les coudes, de renflouer nos résistances, de continuer à exercer nos professions dans la dignité en dépit des coups de butoir. C’est tout le sens que le Théâtre du Rictus essaie de mettre dans ses engagements passés et à venir dont voici ci-dessous (voir PDF joint) un bref aperçu.

Télécharger le Rictus dernière #10

Photo d’illustration : Rhapsodies – Rodez novembre 2014 – par Gabi PEREZ